El choro trek : de l’Altiplano Bolivien aux Yungas

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Jour 1 : la Bénédiction du Condor

départ d'el choro trekCe matin c’est le départ pour l’aventure, je m’impatiente comme d’habitude, excitée comme une puce que je suis à l’idée de retrouver Dame Nature. Nous avons choisi El Choro trek(57km), deux nuits et trois jours, qui relie la ville de La Paz (Bolivie) à Coroico.

Nous avons rendez-vous avec notre guide qui vient nous chercher à l’hôtel. Le petit-déjeuner est solide, composé de « hash brown potatoes » pour Audrey (sorte de pommes de terre sautées, variante d’une recette des États Unis) et de porridge banane pour moi, les sacs à dos sont prêts, check de dernière minute avec César, notre guide qui vient de nous rejoindre.

Allez hop dans le taxi, une bonne heure de route qui nous mènera à la Cumbre, point de départ du Trek, 4700 mètres d’altitude (attention au mal des montagnes!)

Les pieds dans la neige nous montons les 200 premiers mètres jusqu’à Apacheta Chukura (4870m), la langue pendante, oui oui l’altitude ça ralenti… nous reprenons notre souffle et en profitons pour admirer le paysage offert, magistral… C’est quand même la Cordillère Royale!!!

À partir de maintenant nous descendrons pendant trois jours, genoux fragiles s’abstenir… César lève la main et pointe son doigt dans la brume en prononçant quelque chose que nous ne comprenons pas tout de suite. Audrey lève la tête, je plisse les yeux et soudain une expression de béatitude m’envahit : un Condor… là juste condor a la cumbre en bolivielà… déployé, gigantesque, majestueux…

Nous continuons de descendre dans le froid et la brume, le coeur léger et les pieds concentrés sur ce chemin qui fut celui qu’empruntaient les Incas dans leur temps. Nous déjeunons à l’abri dans une petite cabane de pierre, au milieu d’une plaine.

Nous ne croisons que des Lamas qui se moquent bien du temps qu’il fait. Peu à peu nous quittons le monde minéral et montagneux des Andes pour se glisser dans la végétation tropicale des Yungas.

Après six heures de marche, nous arrivons à Challapampa où nous campons. César monte notre tente et s’occupe ensuite de préparer le repas. Une famille est installée ici, dans une petite maison de bois, papa maman, la grand-mère et trois enfants, c’est avec eux que nous passerons la soirée, César utilise leur foyer pour notre repas. Il semble bien les connaître. Puisqu’ils ne parlent pas espagnol, après le dîner nous jouons à répéter des mots de leur langue et inversement ils se prêtent au jeu et prononcent quelques mots français… Nous riions ensemble.

Jour 2 : Y a-t-il un serpent dans les toilettes?

jungle el choro trekAprès une bonne nuit de sommeil réparateur nous sortons la tête de la tente pour constater que le temps ne s’est pas amélioré.

Quelques heures de marche entre nuages et pluie, à travers forêt, ponts suspendus et cascades féeriques, nous nous réjouissons de tous les décors et profitons de chaque pas sur cette terre pour relâcher toutes nos tensions inutiles…

Après la neige, les bananiers!!!  C’est amusant de passer en si peu de temps d’un climat à un autre, si différent.

cascade dans les yungasNous arrivons à San Francisco pour le deuxième campement. Quelques maisons de bois mais nous ne croisons personne. Il n’y a que la famille qui nous prête son feu pour cuisiner… d’ailleurs nous ne les voyons que très peu, occupées que nous sommes à sympathiser avec un groupe de jeunes qui arrive, exténué.
Rapidement une ambiance de colonie de vacances s’installe et les chansons fusent, nous participons jusqu’à la tombée de la nuit. Prise d’une envie soudaine d’aller me soulager je demande à Audrey de m’accompagner, pour me tenir la chandelle. Pas que je sois trouillarde m’enfin y’a bien quelques serpents venimeux par ici…

En chemin Audrey me taquine :

« De toutes façons les serpents ne sortent pas la nuit. »

Je m’esclaffe en lui répondant :

« Bien sûr que si!!!! Certains ne sortent QUE LA NUIT!!! »

Au même moment  je lève la main pour ouvrir la barrière de bois qui limite le terrain de nos hôtes, un joli petit serpent s’enroulait paisiblement dessus!!!

Je hurle :

« Un serpent!!! Cours!!!! Vite!!! Cours!!!! »

 

Comme si le serpent pouvait nous courir après ou nous sauter dessus…

De retour au campement, il nous faut un bon moment avant d’arrêter de rire, cependant, je ne suis pas allée aux toilettes jusqu’au lendemain…

Jour 3 : Un japonais dans les Yungas

pont suspendu en bolivieAprès moult embrassades nous nous séparons de nos nouveaux amis et reprenons notre descente à travers une végétation dense, de plus en plus humide.

Une singulière rencontre nous attend, enveloppée de mystère et d’interrogations…

Au milieu des collines verdoyantes, nous arrivons à la Casa Sandillani où nous attendons Monsieur Tumiji Hanamura.

C’est un vieux Monsieur qui arrive, courbé en deux, il se dirige vers nous et ouvre la page de son registre que chaque marcheur doit signer, comme un rituel qu’il a manifestement lui-même mis en place.

Il nous demande notre pays d’origine et marmonne quelques mots que nous ne comprenons pas…

Nous attendions de Monsieur Hanamura des révélations surprenantes, des histoires rocambolesques, des espions ou des trésors cachés.

S’il n’est Maître Yoda et que nous restons un peu sur notre faim, il n’en est pas moins un personnage étonnant sur le parcours d’El Choro trek. On dit qu’il s’est réfugié ici dans les montagnes après la seconde guerre mondiale, qu’il y vit seul depuis une cinquantaine d’années et qu’il ne sort presque jamais du village.

Rapidement il lève la main en guise de salut et repart sous la pluie comme il était arrivé, plié en deux. Les effluves du mystère non résolu nous embaume tout le long de notre descente en épingles jusqu’à Chairo.

Sous la pluie, les pavés incas deviennent menaçants et chaque chute nous rappelle à l’ordre de la présence au moment. Nous arrivons au village. 3 250m, ça en fait un sacré dénivelé en trois jours.

Nous attendons un taxi qui nous emmènera à Coroico dont le nom déjà nous éloigne de Monsieur Hanamura pour nous ouvrir les portes de nouvelles rencontres…

 

El choro trek : bon à savoir

  •  Monter à 5000m ne s’improvise pas, pensez à vous acclimater quelques jours, à La Paz, par exemple!
  •  Ce trek peut se réaliser sans guide mais si vous voulez partir à la cool et en mode léger, voici l’agence qui nous a accompagnées : www.incalandtours.com
  •  Les familles qui vous accueillent sur leur terrains apprécieront grandement un geste financier supplémentaire, n’oublions pas que le « SMIC » bolivien est d’environ 150€/mois

 

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