Volontariat en Thailande : une ferme pas comme les autres

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Nous sommes excitées aujourd’hui, enfin surtout moi… Plusieurs semaines déjà que nous avons organisé cette nouvelle aventure de volontariat en Thailande. Cette fois ce sera dans une ferme au nord de Chiang Mai, dans la campagne, un tout petit village Pang Turm.

If you’re happy Today, you will be happy tomorrow

 

Volontariat en Thailande : Jour 1

 

Le taxi jaune est à l’heure, dans trois heures nous y serons.

pinan Jim
                               Pinan Jim

Il nous laisse en bord de route et nous indique le petit chemin qui monte, droit devant nous. Audrey jette son sac sur son dos, j’en fais de même, ils sont trop lourds ces sacs…. Il faudra faire quelque chose si on décide de partir marcher. Bon on en est pas là…

En quelques pas nous sommes à l’entrée de la ferme qui s’étend de part et d’autre du chemin. Sur la droite la cuisine et le salon, la pièce à vivre, nous apercevons un homme et nous nous dirigeons vers lui.

Les présentation sont faites, Pinan Jim, le propriétaire, ancien moine bouddhiste qui est sorti du monastère pour apprendre la guitare… Pinan Tea, sa femme, la douceur incarnée et leur fils de 11 ans Pinan Tum.

 

Mais qu’est ce que ça veut dire Pinan?

Pinan est une marque de respect, ça veut dire à la fois « frère », « être humain » et ici, on s’adresse toujours aux personnes en commençant par reconnaitre qu’ils sont nos frères. Je suis donc Pinan Karine et Audrey, Pinan Audrey! J’adore!

Nous passons les premières heures à la ferme à parler avec Pinan Jim de ce que cela signifie de faire du volontariat en Thailande à « Happy Healing Home »

 

Pinan Jim : « Dans la tradition Lana, vous êtes invités les 3 premiers jours, là, vous observez. Ensuite vous êtes considérés comme membres de la famille et vous devez agir en conséquence. Cela veut dire participer à tout ce que demande la vie dans une ferme! »

 

 

filer le coton
                                                                                 Pinan Tea

 

 

Jour 2

 

Encore sous le charme du jour 1, nous nous éveillons dans le bruit assourdissant de ces espèces de criquets gros comme mon petit doigt mais qui semblent tout simplement scier un arbre!!!

6h, nous prenons le café. Un café maison bien sûr qu’il faut au préalable faire pousser, récolter, éplucher, toaster et moudre…  Ah oui, ça, ça change le goût du café… Et peut-être aussi que ça réduit la quantité de ce breuvage ingurgitée!

Pinan Tea est déjà dans le jardin, elle aime particulièrement s’éveiller tranquillement au milieu des plantations et des fleurs, et puis après il fait tellement chaud en ces journées de Mai qu’il est difficile de rester au soleil.

Pinan Jim lui est déjà à fond, il a nourrit les animaux, cuit le sticky rice qui est la base de tous les repas, coupé du bois et que sais je encore, son énergie est débordante. Ils s’accordent bien ces deux là.

Après le petit déjeuner Pinan Tea nous emmène chez Pinan Tip qui est la seule dans le coin à connaitre encore les techniques de filage du coton. Le ferme est presque autosuffisante et Pinan Tea souhaite planté du coton et apprendre à faire ses propres vêtements. Ce volontariat en Thailande s’annonce génial, en route!

Pinan Tip nous accueille un long cigare coincé entre les dents dont elle tire de larges bouffées avant de le reposer délicatement.

 

 

volontariat a Chiang Mai
Cigare composé de tamarin et de tabac, roulé à la feuille de bananier

 

Elle ne parle pas anglais mais nous nous regardons et sourions et fumons ensemble le cigare qu’elle nous a offert.

 

Dans l’après midi nous construisons avec l’aide précieuse de Pinan Sawn, le mari, la roue à filer et là j‘imagine Gandhi qui filait, filait pendant des heures….

L’orage gronde au loin, nous sommes assises toutes les quatre à contempler le spectacle de la pluie qui approche. Nous rentrerons en voiture.

 

 

Jour 3 et 4

 

Le bonheur est dans le pré! La vie bat son plein dès l’aube et nous l’observons s’ébrouer autour de nous. Les tâches se répètent, couper l’herbe pour la vache et son petit, faire la cueillette des herbes, fruits et légumes pour le déjeuner.

Leçon de botanique : Pinan Jim nous fait faire le tour du jardin en nous mentionnant le nom de toutes les plantes et herbes qui peuvent se consommer crues ou cuites, celles qui sont destinées à la médecine et celles qui servent à tout… Moi, il m’a perdu en route, jamais je ne retiendrai tout ça! Par contre j’ai retenu que l’on pouvait consommer les jeunes pousses de mimosa, c’est d’ailleurs très bon…

 

volontaires en Thailande
     Happy Healing Herbs Garden

 

Nous nous délectons de ces moments privilégiés, une vie simple, emplit de la sagesse des propos de Pinan Jim et de son humour aussi. Le soir arrivant, il sort souvent sa guitare pour partager avec nous quelques chansons Lana dont il sort toujours une « leçon ». Nous allons donc nous coucher dans la méditation et la réflexion de ses mots.

 

 

Jour 5

 

Allez! 5h, le criquet commence son cirque! Debout tout le monde! Je reste la tête sous mon duvet, retardant autant que je peux le moment de me lever. Aujourd’hui sera différent… Nous attendons d’autres volontaires. C’est pas que je veux pas partager mais presque….

Hé voilà ils sont là, une vraie tribu! Un, deux, trois…. sept + lui + elle + tous ceux qui le veulent!

Nous voilà donc douze volontaires! Tout ce que j’aime! Bref il va falloir faire avec, mais je sens déjà que la mauvaise humeur me gagne. Je suis un peu un ours et là, ben ça fait beaucoup de gens pour un ours!

Alors c’est reparti, on explique ceci, cela, tout le monde donne son avis même si personne ne l’a demandé. En voilà un bon exercice d’acceptation et de lâcher prise, un de plus.

La vie s’installe dans un décor différent et chacun trouve sa place.

 

happy healing home hutte
Happy Healing Home

 

 

Jour 7

 

Il fait très chaud, deux jours qu’il n’a pas plu. Le travail au jardin se fait très tôt et laisse place au tressage de l’ail que nous penderons ensuite sur une tringle de bambou of course!

A l’ordre du jour : Combat de coq!

 

Dans la tradition Lana, avant de tuer un coq, on lui laisse une chance de vivre en le faisant combattre. S’il gagne, il vit, sinon on le mange!

 

Audrey veut profiter de ce volontariat en Thailande pour apprendre à préparer un poulet du début à la fin. Du pré à l’assiette! Happy Healing est aussi un peu comme une école, on peut y apprendre beaucoup, botanique, méditation jusqu’au stage de survie dans la jungle. Pour l’heure Audrey s’intéresse à la préparation du poulet et il va falloir qu’elle le tue. Elle n’est évidemment pas à l’aise du tout avec cette idée mais pas de cas, si elle veut apprendre, elle devra tout faire… Moi, je me contenterais de la soupe de courge! (pour les recettes, c’est par ici)

Après quelques coups de fil, Pinan Jim dit à Audrey qu’il a trouvé son coq, qu’il faut aller le chercher maintenant. Ils disparaissent tous les deux sur la moto de la ferme. Une demi heure plus tard, la moto revient, Audrey tient fermement « son » coq.

 

Préparation du coq pour le combat : exactement comme les boxeurs, les coqs sont inspectés, soignés, nourris, lavés et c’est parti pour le round 1. Un combat peut durer jusqu’à 40 minutes en deux rounds de 20 minutes.

combat de coq

 

Le coq d’Audrey est à moitié sauvage, brave, mais il abandonne le combat au cours du deuxième round. Je le comprends, ils s’en mettent des bonnes! Bref il a perdu et Audrey passe à la phase 2, tuer le coq…

Dans la tradition Lana, le coq est étranglé. Pour lui donner le temps nécessaire de se préparer à passer à « autre chose ». S’en suit plumage, vidage et enfin la casserole! Le résultat est… délicieux!

 

Jour 9

 

Ce matin, nous partons de bonne heure avec Pinan Tea pour rencontrer la directrice de l’école pour éventuellement faire les interviews des enfants à Pang Turm. L’école n’est pas très grande, les enfants jardinent lorsque nous arrivons. Rendez vous est pris, nous reviendrons à 14h. Super!

L’après midi donc nous revenons et commençons les interviews dans le bureau de la directrice. Toujours les mêmes questions. Toujours le même plaisir à écouter leur réponse toucher notre coeur d’une façon ou d’une autre. Certains de part la fantaisie de leur réponse, d’autres simplement par leur attitude qui nous fait sourire ou nous émeut.

Nous rentrons à la ferme heureuses d’avoir pu réaliser les interviews dans ce petit village de campagne.

 

 

Jour 11

 

Aujourd’hui  nous allons apprendre à « tresser le bambou » pour en faire des murs, des portes… Des fenêtres mais pas des paniers, ce n’est pas le même tressage. Qui sait? Peut être qu’à la suite de ce volontariat en Thailande nous construirons chez nous une hutte en bambou…

travail du bambou
A la recherche du bambou    « parfait »

 

Comme d’habitude cela commence par aller chercher le matériel et là, c’est pas chez Leroy-Merlin mais dans la forêt plus loin.

C’est Pinan Swan le prof, il est beau Pinan Swan! En plus tout comme sa femme il ne parle pas anglais, j’adore parce que la communication se fait autrement. Du coup le superflu s’efface pour laisser place à l’essentiel.

J’ai décidé de bouder un peu aujourd’hui, juste parce que je n’ai pas envie d’être avec tout ce monde, je reste dans mon coin. Ça tombe bien parce que quelqu’un doit veiller la ferme pendant que la troupe part en quête de bambous. Chouette une heure au moins pour moi toute seule…. Je vais pouvoir rester là à ressentir la vie et à écrire!

 

 

« Comme une note accrochée au dos de la colline, je te murmure la joie de mon coeur.

La vie qui passe est là, devant moi mais qu’est elle vraiment?

Est ce que l’on pense à elle ? À la goutte de pluie qui tombe sur la feuille offerte et laisse derrière elle la promesse d’un jour nouveau, la promesse d’un jour que chacun souhaite meilleur.

Comme si elle n’était pas déjà le meilleur!

Je suis là, j’en oublie de regarder les fleurs autour de moi, et les arbres, et les hommes.

Je m’égare.

Courrons ensemble dans les verts pâturages, célébrons d’un éclat de rire ce que nous sommes!

Allez mes amis, laissons nous aller à notre joie profonde et puisque nous y sommes, chantons d’une voix la même ritournelle. Celle là même que nous fredonnions enfants, mais oui vous la connaissez tous : Lalala lala lalala

Et partout dans le monde, cela veut dire « je t’aime, je t’aime »

Toi qui est là, face à moi

et toi aussi que je ne connais pas.

Je t’aime mon tout petit et toi aussi l’ancien, Ô comme je t’aime!

Toi que je crois ne pas aimer, je t’aime aussi bien sûr

je te regarde et c’est mon coeur qui te voit »

 

Ah ben voilà ça va mieux! J’entends le pick up qui revient, je souris, je suis prête.

 

 

Jour J, celui du départ

 

Encore une fois, il faut continuer la route, refaire les sacs et reprendre à l’envers le chemin pour de nouvelles aventures. Un pincement au coeur de quitter cette famille et la vie qu’ils ont ici. Même si elle n’est pas de tout repos, elle est simple et belle, riche et savoureuse et c’est si bon de partager tout ça! Ce volontariat en Thailande nous aura plus que marqué!

 

 

apprentissage thailande
                                                                     Apprentissage…

 

 

Volontariat en Thailande : quelques infos`

 

Cette fois ci, nous sommes passées par le biais d’HelpX pour dénicher ce volontariat en Thailande mais il existe différentes associations comme Workaway, le Wwoof ou encore certaines ONG vers lesquelles vous pouvaient vous tourner pour vivre des expériences similaires.

En ce qui concerne Happy Healing Home, il suffit de les contacter via leur site internet ou encore via HelpX. Vous y trouverez aussi toutes les infos pratiques (quoi emmener, l’échange proposé, etc…).

Quelques Tips…

  • Sachez que certains hôtes demandent des frais (150Bath, soit 3€50 par personne, par jour, chez Pinan Jim et Pinan Tea) et d’autres non. En cas de doute, n’hésitez pas à poser la question à votre futur hôte
  • Une question que l’on nous pose souvent, comment choisissez-vous vos hôtes ? D’une part, on repère une zone géographique dans laquelle on souhaite jouer aux touristes et l’on regarde ensuite les différents volontariats proposés. D’autre part, on se fie aussi à notre instinct et aux échanges par mail que l’on a avec nos hôtes avant d’arriver… Dans le cas de ce volontariat en Thailande, on ne pouvait pas mieux tomber!!!
  • Faîtes vous plaisir!!! Le volontariat est un échange et aussi une merveilleuse façon d’apprendre

 

Le mot de la fin pour Pinan Jim avec quelques unes de ses phrases qui nous suivront longtemps :

 

torréfaction du cafe

« Easy life is not simple and simple life is not easy! »  (Une vie facile n’est pas simple et une vie simple n’est pas facile!)

 

 

happy life Thailande

« Good or bad cannot happen by itself but it can happen by ourselves! » (Le bien ou le mal n’arrivent  pas d’eux même mais peuvent arriver par nous!)

 

 

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Commentaires

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6 Commentaires

  1. Bonjour,
    Merci pour cet article qui me donne définitivement envie de voyager en faisant du volontariat 🙂
    Je suis justement entrain d’organiser mon premier voyage en Thaïlande et j’avais une question concernant le visa. Quel type de visa aviez vous pour être volontaires ?
    Merci d’avance,
    Marie

    • Bonjour Marie!

      Un visa classique de tourisme suffit pour faire du volontariat en Thaïlande. Comme dans tous les pays d’ailleurs! Peut-être pensais tu à un visa type Working Holyday (PTV)? Au cas où : ce genre de visa, accessible dans certains pays, te permet d’avoir une autorisation de séjour bien plus longue (1 an en général) qu’un visa classique. Il te permet surtout de travailler légalement. En bref, si tu cherches simplement à faire du volontariat (avec HelpX par exemple) le visa touristique suffit. Voilà 🙂 Merci à toi et bon voyage! Et si tu as d’autres questions, n’hésites pas 🙂

  2. En moins « officiel » vous pouvez trouver du volontariat par hasard sur air bnb. Ce fut le cas pour nous du côté de chiang raï : une petite ferme bio ou le propriétaire accueille des volontaires pour construire, entre autres, des huttes en terre.
    Mother nature homestay

  3. Bonjour,
    Je me renseigne aussi pour partir en Thailande.
    J’ai lu que le wwoofing était considéré comme du travail s’il dépassait 4 semaines, et qu’il nécessite donc un « permis de travail »
    Or sur le site wwoof, ils disent que les hôtes ne fournissent pas ce permis de travail (et apparemment, met 3 mois à obtenir)

    Cela veut donc dire que l’on peut faire uniquement 4 semaines de wwoof en thailande ? En clair, en prenant le visa touriste simple entrée (2 mois + extension 1 mois), on peut faire 1 mois de woofing, et 2 mois de ballade.

    Autre question, peut être pouvez vous me répondre : savez vous s’il est possible (et simple 🙂 ) de transformer un visa touriste en visa travail sur place ? Mon ami et moi sommes moniteur de plongée, alors on aimerait bien déboucher sur un job là bas.

    Merci pour vos réponses précieuses ! 😉

    • Salut Marie! Effectivement, la loi dit que si on dépasse les 4 semaines, ça peut être considéré comme du travail, Mais… Personne ne viendra contrôler quoi que ce soit! Nous connaissons des volontaires qui ont passés plusieurs mois chez Pinan Jim et personne n’a été inquiété! Donc à votre place, je ne m’en préoccuperai pas… Et puis surtout, si on me pose la question aux contrôles de l’aéroport (ce qui est quasi improbable!!!) je n’en parlerai même pas! Concernant ta seconde question, honnêtement, on n’en sait rien… Sorry. Rapprochez vous peut-être d’une guest house (ou d’un autre business) tenu par un français? Sinon, il y a aussi des sites dédiés aux expats, eux auront probablement la réponse. Voilà! En tout cas, on vous souhaite un très bon voyage!

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