Voyage au Kerala : nos carnets d’Alleppey à Kochi

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Nous laissons la côte Est pour entamer ce voyage au Kerala. Ah le Kerala, littéralement « pays des cocotiers » en malayalam. On dit aussi qu’il est le pays des dieux… Qui sait? Peut être en croiserons nous…

 

Voyage au Kerala : arrivée à Alleppey

back waters voyage au kerala

 

11H du soir. Nous quittons Pondicherry en bus pour arriver au matin à Allepey, la « petite Venise » il parait… on en reparle tout à l’heure! Et nous nous dirigeons tout droit à notre Guest House où nous attend en principe le Boss. C’est ici que nous devons faire notre expérience Workaway en Inde pour deux semaines. Après quinze jours de glandouille il faut bien bosser un peu… ou pas.

 

 A – Good morning, Is Alok* here ?

        Mister Welcome – Did you book a room ?

        A – No, we would like to see Alok, we come from Workaway

       Mister Welcome – Hum. You didn’t book a room? So what do you want from Alok?  

 

Si si on s’en est sorti finalement au bout de cinq minutes, lorsque le meilleur ami d’Alok arrive et nous explique qu’il est absent, que l’on peut venir s’installer dans le jardin parce qu’ils ont du travail pour le petit déjeuner des clients. Nous le suivons et découvrons un agréable jardin, tout autour sont disposées les chambres. C’est plutôt charmant. Nous décidons de prendre nous aussi le petit déjeuner et je ne sais quelle idée saugrenue me pousse à prendre des oeufs… oui mais des scumbled eggs with toast, ça donne envie subitement…

Une heure, deux heures, trois heures, il commence à faire bien chaud sous la tonnelle et le Boss n’est toujours pas là….

 

 Mister Welcome – Yes yes he will come 

 

J’adore rester planter là avec les sacs à attendre sans savoir combien de temps… après une nuit sans dormir voilà qui mets dame patience à rude épreuve et comme tout le monde le sait, c’est pas mon point fort… Heureusement Audrey assure!!!

Il arrive!!!! Boss is here!!! C’est lui qui détient… la clé de notre chambre et là tout de suite c’est tout ce qui m’intéresse… Ca tombe bien parce qu’il est aussi crevé que nous…

 

  Alok – Have some rest, we speak later

        K – Yes yes of course…  

 

Et nous nous écroulons dans nos lits… C’est déjà le matin? Non c’est le soir et nous ouvrons les yeux pour découvrir l’ambiance de la guest house by night. Comment dire… Non c’est sympa mais c’est que… ce n’est carrément pas notre atmosphère… que des gars assis au bar, avec une bière, une clope et des champignons magiques… musique à donf… juste pas pour nous...

 

To be Workawayer or not to be…

Alok nous dit de prendre en charge de la cuisine, nous parlons de nos compétences en la matière et il semble ravi de se débarrasser du problème… Ok donc à partir de demain notre boulot sera de mettre en place le fonctionnement de la cuisine et de refaire un menu correct et attractif car comme nous le dit Alok, c’est pas son truc et il n’a fait que recopier des plats piqués à droite à gauche…

Super mission sauf qu’avant quoi que ce soit il faudra nettoyer la cuisine!!!!

Ce voyage au Kerala s’annonce difficile : le lendemain matin, Audrey est encore plus malade qu’hier, une sorte d’angine mais aujourd’hui elle a de la fièvre et moi je me suis chopée une put*** de tourista, grave!!! Nous v’la bien… On se traine à la cuisine et soudain je comprends d’où vient ma tourista… C ‘est pas qu’elle est sale la cuisine!!! Je crois qu’en 20 ans de carrière dans le métier je n’en ai pas vu une aussi craspouille!!! En fait on a l’impression pas très agréable et pas très motivante que le Boss s’en fout complètement… Evidemment ça démoralise et pour ma part je n’ai vraiment pas envie de le faire mais finalement on s’y met avec l’aide de Rebecca, une Australienne, ici aussi en workaway…

On enlèvera les couches de gras à la truelle!!! Inutile de préciser que même si en principe on est nourri, nous avons pris tous nos repas à l’extérieur…

Il n’y a que quelques rares clients dans la guest house et par conséquent il n’y a rien à faire… Le cuisinier avec qui nous devons bosser ne vient pas puisqu’il n’y a pas de commande… Alors nous nous baladons aux alentours. Le long des canaux, à la plage. Soyons direct, Allepey, pour nous ça l’a pas fait… Ca doit être une Venise d’un autre siècle… Les Backwaters… des centaines de bateaux alignés dans une eau dégueu, une pollution incroyable… à moins de faire une ballade dans des canoes non motorisés et sur les petits canaux, franchement je n’en vois pas l’intérêt… et pourtant c’est plein! Bon en même temps je sais, on est vraiment pas de bonnes touristes… on fait rien comme y faut!

Bref on est malades, dans une guest house qui nous gonfle un peu, le patron s’est barré au mariage de son frère à Goa, y’a rien à faire… On se casse!!!

*NB : Alok n’est pas le vrai prénom de notre hôte, nous l’avons changé pour ne pas lui porter préjudice sur Workaway : cette expérience ne concerne que nous, d’autres personnes pourraient le vivre différemment…

 

marari beach

Allez hop les sacs sur le dos, enfin dans le tuk tuk, direction Marari beach (300 Rps en 40mn)… Enfin une plage digne de ce nom…. avec des cocotiers comme sur les cartes postales… Exit le Workaway, on va à la plage!!! 

 

 

Marari Beach

 

bureau de rêves et sac a dosJPGComment donner un nouveau souffle à ce voyage au Kerala : une bonne semaine à Mararikulam!!! Petit village adjacent à Marari Beach, dans une « homestay » très cool, une petite maison tenue par Dominic et sa femme. De nouveau nous trouvons rapidement ce qui devient notre rythme quotidien. Petit bain le matin, méditation on the beach, petit déj et hop au bureau!!! Nous apprécions le calme de Marari qui est normalement hyper touristique, franchement je ne sais pas où sont les gens, enfin si plus bas à Varkala, et c’est bien… Ici il n’y a que deux petits restaurants sur la plage alors rapidement nous connaissons tout le monde.

Nous discutons de notre projet avec Dominic et nous convenons de mettre au point les interviews des enfants prochainement mais voilà….

 

Un drame se produit

Baiju, le meilleur ami de Dominic, est appelé par un resort de luxe pour effectuer un travail. Il s’agit de suspendre des filets de protection en haut des cocotiers pour éviter que les noix de coco ne tombent sur les touristes…. Il tombe de l’arbre et meurt. Un temps d’arrêt à Mararikulam, il n’y a plus de vacances, de mer et de plage, de soleil ou de blog. Tout s’arrête et on ne peut que penser à cette famille que nous croisions tous les jours. Dominic est anéanti. Il nous explique que la femme de Baiju se retrouve bien sur sans ressource avec les parents à charge et ses deux enfants. Un silence lourd s’abat sur le village et nous cherchons quoi faire pour les aider… Qu’est ce qu’on peut bien faire? On ne peut pas sauver le monde entier! Oui mais on ne nous demande pas de sauver le monde entier! Qu’est ce qu’on peut bien faire pour aider cette famille aujourd’hui?

C’est d’argent dont ils auront besoin dans les prochains mois, le temps pour eux de s’organiser.

Alors après en avoir parlé avec Dominic, nous décidons d’organiser une collecte. C’est dimanche, ça tombe bien, nous arpentons la plage dans les deux sens à la rencontre des touristes à qui nous expliquons l’histoire… Nous nous rendons bien sur au resort où le drame s’est produit. Les touristes sont allongés sur des transats, protégés par des gardes qui font office de barrières… Impossible de leur parler et ceux à qui on arrive à dire trois mots nous jettent d’un geste de la main… Chacun son trip…

A la fin de la journée, nous avons récolté 14000 roupies (environ 200€) que nous irons remettre à la veuve de Baiju avec Dominic. Lorsque nous arrivons sur place, les femmes sont réunies dans le salon et prient, en chantant. Nous attendons assises sur une chaise. Puis c’est à nous. Au milieu des femmes, nous avançons jusqu’à la veuve qui est soutenue par sa mère. Les enfants sont là aussi et tous les yeux sont tournés vers nous. Nous expliquons timidement à cette femme que nous avions envie de l’aider, que nous nous sommes senties concernées par ce drame et que nous étions avec elle et sa famille dans cette épreuve. Que notre façon de les aider était cette collecte que nous étions heureuses de lui remettre. Dominic traduit parce qu’elle ne parle pas anglais. Elle éclate en sanglots. Dominic a les yeux rouges. Nous, on en mène pas large. Nous nous retirons en silence.

Au matin suivant, au terme d’une bonne semaine les pieds dans l’eau, nous quittons Marari beach et ce charmant village pour nous rendre à Kochi (Cochin).

 

Fort Kochi, suite du voyage au Kerala

plan de kochi  Kochi (autrefois Cochin), située sur la côte Malabar, est une ville composée de plusieurs quartiers et îles :

  • La péninsule de Mattancheri, qu’on appelle  Fort Kochi où se trouvent les zones les plus anciennes de la ville, le coeur historique de la ville
  • L’île artificielle de Willingdon qui n’est casiment pas habitée
  • Ernakulam qui se trouve sur la terre ferme est la plus grande ville du Kerala
  • Deux îles mineures, Bolghatty et Vypin, en face d’Ernakulam

Kochi est un port commercial très important et une des capitales financières de l’Inde. Elle est accessible par tous les moyens de transport et dispose même d’un aéroport international.

Fort Kochi est l’endroit le plus tranquille et c’est là que nous nous posons pour notre nouvelle semaine. On se sent bien ici, c’est calme! Ah je sais pourquoi, pas de klaxon! Whaou c’est bien aussi comme ça l’Inde. Nous arrivons au Privilège Homestay où nous choisissons une chambre, un peu comme à la maison. Il y a trois chambres dans cette maison accueillante, deux petites et une grande au deuxième avec la clim mais on ne vit pas dans le luxe alors on prends une petite. Résultat 45°, on sue à grosses gouttes et on prends 5 douches par jour mais qu’importe, la vie est BELLE!!!

C’est à Fort Kochi que nous profitons de ce voyage au Kerala pour faire les touristes. Au programme du Kerala Kathakali Centre, nous découvrirons l’esprit des arts classiques indiens dans l’intimité de la plus vieille salle restante :

 Kathakali, spectacle de théâtre dansé (300 RPS)[/li]
Kalarippayat, art martial originaire du Kerala (250 RPS)[/li]
Méditation ragas, les ragas sont joués en direct (200 RPS)

 

Si vous êtes plutôt visite de monuments, voici les sites les plus intéressants de Kochi :

  • La cathédrale Santa Cruz
  • La Paradesi Synagogue
  • Le Dutch Palace

 

filets chinois Kochi On aperçoit ici et là des vestiges d’architecture portuguaise et on oublie pas les fameux filets de pêche chinois qui font sensation losrqu’on les découvre pour la première fois, surtout au coucher du soleil. En résumé Fort Kochi est un endroit que nous apprécions et on pourrait même rester plus longtemps à profiter du temps qui passe s’il ne faisait pas si chaud!!!

 Et puis nous devons retourner à Marari afin de réaliser les vidéos des enfants et plonger une dernière fois dans la mer d’Oman.

 

Bon à savoir

  • D’Alleppey à Marari beach, 2 possibilités : le bus que l’on prend à Bus Station pour une dizaine de roupies ou un tuktuk pour 300 RPS
  • Mararikulam à Fort Kochi en tuk tuk, en 1h30, par la petite route qui longe la côte et traverse une multitude de petits villages animés (800 rps)
  • Pour passer d’une ile à une autre et plus précisement de Ernakulam City a Fort Kochi, le Ferry est le moyen le plus simple et le plus économique : Quelques roupies seulement. Un ferry part toutes les 10 minutes et jusqu’à 20 h.

 

sunset marari beach

 

Allez, sur un dernier coucher de soleil, nous te disons adios India et bonjour Hong Kong!

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Rêves et Sac à Dos est un Blog voyage autour du monde créé par Audrey et Karine. Vous y retrouverez des conseils pour préparer vos voyages et votre tour du monde, des récits, photos et vidéos. Suivez le fil rouge de leur Tour du Monde : "Quel est ton rêve?" à travers les interviews des enfants qu'elles rencontrent sur les 5 continents Rejoignez-nous sur notre profil Google+

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